Plateforme, réseau ou apporteur d’affaires : quel modèle pour trouver des chantiers ?
Il n’existe pas de meilleur site pour trouver des chantiers dans l’absolu, mais des modèles économiques différents : paiement au contact ou par crédits, abonnement, commission d’apporteur d’affaires, adhésion à un réseau à territoire réservé. Ce guide d’Un Par Lot compare ce que chacun fait payer, à quel moment, et les questions à poser avant de signer avec qui que ce soit.
Par Grégory Tossen, fondateur d’Un Par Lot — 15 ans de direction commerciale dans le BTP
« Quel est le meilleur site pour trouver des chantiers ? » Un maçon pose la question à un confrère, qui lui répond par le nom de celui qui lui a apporté son dernier gros chantier. Un autre lui répondra l’inverse. Les deux ont raison pour eux : le meilleur site dépend du métier, de la zone, de la trésorerie et du type de client visé.
Plutôt qu’un classement de sites, cet article compare les modèles économiques : qui paie quoi, à quel moment, pour quoi. C’est ce qui détermine ce qu’un canal peut vous apporter et ce qu’il peut vous coûter. La présentation de toutes les méthodes, y compris gratuites, se trouve dans notre guide toutes les méthodes pour trouver des chantiers.
Existe-t-il un meilleur site pour trouver des chantiers ?
Non, pas dans l’absolu. Un site qui envoie beaucoup de demandes de petits dépannages convient à un plombier qui fait du dépannage, pas à celui qui vise des rénovations complètes de salles de bains. Un canal qui fonctionne bien dans une grande ville peut n’avoir presque rien dans un département rural.
La bonne question est donc : quel modèle convient à ma situation ? Quatre familles reviennent, que l’on parle de plateforme de mise en relation, d’annuaire, de réseau ou d’apporteur d’affaires :
- le paiement au contact ou par crédits ;
- l’abonnement ;
- la commission sur chantier signé, celle de l’apporteur d’affaires ;
- l’adhésion à un réseau à territoire réservé.
Un même acteur peut combiner plusieurs modèles. Lisez les conditions, pas seulement la page d’accueil.
Comment comparer les modèles économiques ?
Chaque modèle place le risque à un endroit différent : chez vous, chez l’intermédiaire, ou entre les deux.
| Modèle | Ce que vous payez | Quand vous payez | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|---|---|
| Paiement au contact ou par crédits | Chaque demande reçue ou consultée | À la réception, que le chantier aboutisse ou non | À combien d’entreprises le contact est envoyé, conditions de remboursement d’un faux contact |
| Abonnement | Une somme fixe par période | Chaque période, quel que soit le volume | Ce qui est inclus, durée d’engagement, conditions de résiliation |
| Commission d’apporteur d’affaires | Une part du chantier signé, ou un forfait | Une fois le chantier signé ou payé | Le contrat : base de calcul, durée, clients concernés |
| Adhésion à territoire réservé | Une somme fixe sur une durée d’engagement | Chaque période, quel que soit le volume | Qui d’autre reçoit les demandes de votre métier sur votre zone, volume constaté |
Le paiement au contact a un avantage : on peut commencer petit. Son inconvénient : vous payez aussi les demandes qui n’aboutissent pas, et si le même contact est vendu à plusieurs artisans, la course au rappel et au prix commence dès la réception.
L’abonnement rend le coût prévisible. En revanche, le volume ne l’est pas toujours : un mois creux coûte autant qu’un mois plein.
La commission aligne l’intermédiaire sur votre résultat : il ne gagne rien si vous ne signez pas. Bpifrance Création, dans sa fiche sur l’apporteur d’affaires, indique que l’apporteur d’affaires n’est soumis à aucun statut spécifique. Sa fiche sur les intermédiaires du commerce précise que sa rémunération peut être une commission, un forfait ou les deux, et que la rédaction du contrat est déterminante pour éviter les litiges sur la rémunération ou la durée de la collaboration. Notre page apporteur d’affaires BTP détaille ce que ce contrat doit prévoir.
L’adhésion à territoire réservé coûte une somme fixe, comme l’abonnement, mais limite le nombre d’entreprises d’un même métier sur une même zone. Ce qu’elle vaut dépend du volume réel de demandes sur votre territoire, d’où l’importance de le connaître avant de signer.
Le contact est-il partagé avec d’autres entreprises ?
C’est la première question à poser, et la réponse doit être écrite. Un contact envoyé à plusieurs artisans change tout : le particulier reçoit plusieurs appels, le premier à rappeler prend l’avantage, et le devis se joue souvent sur le prix. Pour un électricien qui veut prendre le temps d’une visite et d’un devis détaillé, ce n’est pas le même métier.
Demandez :
- à combien d’entreprises chaque demande est transmise ;
- si ce nombre est fixe ou variable selon le projet ;
- si le particulier sait que ses coordonnées sont transmises, et à qui.
Sur les réseaux, la question se pose autrement : combien de membres du même métier sur la même zone ? Dans certains groupements, plusieurs entreprises d’un même corps d’état se retrouvent en concurrence. Notre page réseau d’artisans compare ces formules.
Qui qualifie la demande ?
Une demande mal qualifiée coûte deux fois : le prix du contact, et le temps passé à rappeler quelqu’un qui comparait juste des prix, qui n’a pas de budget ou dont le projet est hors de votre zone. Devant une offre, demandez donc qui qualifie la demande : l’intermédiaire, avant de vous la transmettre, ou vous, au premier appel.
Les deux modèles existent. Une demande filtrée par un intermédiaire vous arrive plus tard. Une demande transmise telle que le client l’a déposée vous arrive tout de suite, mais le tri vous revient. Dans les deux cas, regardez ce qu’elle contient à la réception :
- le projet : de quoi s’agit-il, dans quel métier ;
- le budget : le particulier en indique-t-il un, et est-il cohérent avec le projet ;
- le délai : quand veut-il commencer ;
- la localisation : le chantier est-il dans votre zone ;
- les coordonnées : sont-elles complètes, pour rappeler sans attendre.
Demandez aussi ce qui se passe quand une demande est fausse ou injoignable : remboursement, avoir, rien du tout ?
Quel engagement signez-vous, et qu’est-ce qui est promis ?
Lisez la durée d’engagement, les conditions de résiliation et ce qui se passe si le volume promis n’arrive pas. Un engagement long n’est pas un problème en soi, à condition de savoir à l’avance ce qu’on achète.
Méfiez-vous des promesses qui ne peuvent pas être tenues :
- Une position garantie sur Google. L’aide officielle, dans ses conseils pour améliorer votre classement local, indique qu’il n’existe aucun moyen d’obtenir une meilleure place au classement local sur demande ou contre rémunération.
- Un nombre garanti de chantiers. Personne ne décide à la place de vos clients. Ce qu’un intermédiaire peut donner honnêtement, c’est un volume constaté sur votre métier et votre zone, et la façon dont il est mesuré.
- Des avis ou des témoignages invérifiables. Demandez à parler à un artisan de votre métier qui utilise le service.
Comment décider sans se tromper ?
Avec vos propres chiffres. Pour chaque canal payant, notez les demandes reçues, les devis faits, les chantiers signés et ce que vous avez payé. Divisez le coût par le nombre de chantiers signés : c’est votre coût par chantier, la seule base pour comparer un abonnement, une commission et un paiement au contact.
Testez un seul canal à la fois, sur une durée suffisante pour juger. Si vous en ouvrez trois en même temps, vous ne saurez pas lequel a rapporté quoi. Et gardez votre socle gratuit : anciens clients, avis, partenaires d’autres métiers. Notre article sur la méthode à choisir selon votre situation aide à décider à quel moment ajouter un canal payant.
Où se place Un Par Lot ?
Un Par Lot appartient à la quatrième famille : l’adhésion à territoire réservé. Elle est payante : à partir de 250 € HT par mois sur 12 mois. Le réseau ne retient qu’un seul adhérent par lot et par département. Les demandes viennent des sites du réseau. Le client remplit un formulaire détaillé, aux champs obligatoires (type de travaux, localisation, budget envisagé, délai, coordonnées complètes), et sa demande est transmise immédiatement au seul adhérent du lot, sans revente du contact ni crédit à acheter. Le réseau ne la filtre pas : c’est vous qui qualifiez le projet. L’avantage est la rapidité, puisque vous êtes le premier et le seul à rappeler. La limite est que le tri vous revient. Les adhérents des lots complémentaires se recommandent entre eux ; chacun dispose d’une fiche « Adhérent vérifié », d’un portrait BatiCast, de la relance de ses devis en attente et d’un rapport mensuel.
Aucun volume n’est promis : conformément aux questions ci-dessus, le volume constaté sur votre lot et votre département vous est communiqué avant la signature. Pour juger sur pièces, vérifiez si votre lot est libre, lisez comment ça marche ou la présentation pour les artisans.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur site pour trouver des chantiers ?
Aucun site n’est le meilleur pour tous les artisans : tout dépend de votre métier, de votre zone et de ce que vous acceptez de payer. Comparez plutôt les modèles : sur quoi porte le paiement, à combien d’entreprises chaque contact est envoyé, qui qualifie les demandes et quel engagement vous signez. Les réponses à ces questions disent plus que la publicité du site.
Vaut-il mieux payer au contact, à l’abonnement ou à la commission ?
Chaque modèle déplace le risque. Au contact, vous payez même si le chantier n’aboutit pas. À l’abonnement ou à l’adhésion, vous payez une somme fixe, quel que soit le volume reçu. À la commission, vous ne payez que les chantiers signés, mais sur chacun d’eux. Le bon choix dépend de votre trésorerie, de votre taux de signature et du nombre d’entreprises qui reçoivent le même contact.
Comment savoir si un contact de chantier est partagé avec d’autres entreprises ?
Demandez-le par écrit avant de payer : à combien d’entreprises chaque demande est-elle transmise, et est-ce écrit dans le contrat ou les conditions générales ? Un contact envoyé à plusieurs artisans fait jouer la vitesse de rappel et le prix. Un contact réservé à une seule entreprise laisse le temps de préparer un devis sérieux.
Faut-il se méfier de ceux qui promettent la première place sur Google ?
Oui pour le classement local. L’aide officielle de la fiche d’établissement Google indique qu’il n’existe aucun moyen d’obtenir une meilleure place au classement local sur demande ou contre rémunération. Une offre qui garantit une position dans ces résultats promet donc quelque chose que personne ne peut vendre. Demandez ce qui est réellement fourni, et comment c’est mesuré.
Sources
- Apporteur d’affaires (Bpifrance Création) bpifrance-creation.fr
- Intermédiaires du commerce : agent commercial, commissionnaire, courtier, apporteur d’affaires (Bpifrance Création) bpifrance-creation.fr
- Conseils pour améliorer votre classement local sur Google (Aide Fiche d’établissement Google) support.google.com
- Prospection commerciale par téléphone (hors automate d’appel) : quelles sont les règles ? (CNIL) cnil.fr
Votre lot est-il libre sur votre département ?
Un seul professionnel par lot et par département. La vérification est gratuite et sans engagement.
Pour aller plus loin : toutes les méthodes pour trouver des chantiers · Artisans
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