Création de site internet d’artisan : le site page par page, vu par le client
Un site internet d’artisan se construit à partir du client qui cherche un professionnel : une page d’accueil qui dit quoi, où et comment vous joindre, une page par métier et par zone, des réalisations photographiées avec accord, un formulaire qui recueille des coordonnées complètes, des mentions légales en règle et une fiche Google reliée. Ce guide d’Un Par Lot passe chaque page en revue.
Par Grégory Tossen, fondateur d’Un Par Lot — 15 ans de direction commerciale dans le BTP
Un site internet d’artisan n’est pas lu comme une plaquette. Il est parcouru en quelques secondes par quelqu’un qui a un problème ou un projet, souvent sur son téléphone, souvent après avoir vu votre fiche Google ou entendu votre nom. Chaque page doit répondre à la question qu’il se pose à ce moment-là.
Ce qu’un site doit contenir, les erreurs qui l’empêchent de recevoir des demandes et l’offre proposée aux adhérents sont présentés sur notre page site internet d’artisan. Ici, on reprend le site page par page, en se mettant à la place du client.
La page d’accueil : quoi, où, et comment vous joindre
Le client arrive sur votre page d’accueil avec trois questions. Faites-vous ce dont j’ai besoin ? Intervenez-vous chez moi ? Comment vous contacter ? Si la réponse n’est pas visible sans faire défiler l’écran, il revient en arrière et appelle le suivant.
En haut de la page, il doit donc trouver :
- Votre métier, en clair. « Plombier chauffagiste », « électricien », « couvreur zingueur ». Pas un slogan.
- Votre zone. La ville où est installée l’entreprise et le secteur couvert.
- Le téléphone, cliquable sur mobile, et un bouton vers le formulaire.
Plus bas : les travaux que vous faites, chacun renvoyant vers sa page ; quelques réalisations ; vos avis ; ce qui vous distingue, dit simplement. Le client qui a reçu votre nom par un voisin cherche surtout à vérifier qu’il est au bon endroit. Le client qui ne vous connaît pas cherche des preuves.
Une page par métier et une page par zone
Le client ne cherche pas « artisan ». Il cherche « remplacement chauffe-eau », « rénovation salle de bains », « mise aux normes électrique », avec le nom de sa commune. Une page d’accueil qui liste tous vos services en une ligne ne répond à aucune de ces recherches.
Les pages métier
Chaque type de travaux important pour vous mérite sa page. Elle reprend les mots du client, explique comment vous intervenez (visite, devis, déroulement du chantier), montre un ou deux chantiers de ce type et se termine par le téléphone et le formulaire. Un électricien qui veut des rénovations complètes doit avoir une page sur les rénovations complètes, avec des photos de rénovations complètes.
Les pages zone
Une page par secteur que vous couvrez vraiment : la ville principale, les communes proches où vous travaillez souvent. Chaque page doit avoir un contenu propre : des chantiers faits dans le secteur, les délais d’intervention habituels, les particularités locales que vous connaissez. Des pages de villes recopiées en changeant seulement le nom n’apportent rien au client et ne vous aident pas à être trouvé.
La page réalisations : vos chantiers, avec l’accord des clients
C’est la page la plus regardée par un client qui hésite. Elle prouve ce que les autres pages affirment.
- Des chantiers réels, avec une photo avant et une photo après quand c’est possible.
- Une ligne de contexte : type de travaux, commune, ce qui était difficile.
- Un classement par type de travaux, pour que le client trouve vite un chantier proche du sien.
Demandez l’accord du client avant de publier les photos de son chantier, et évitez tout ce qui permet de l’identifier ou de localiser son domicile précisément : numéro de rue, visage, plaque d’immatriculation, objets personnels. La fiche Mentions obligatoires sur le site internet d’une entreprise rappelle aussi que l’entreprise doit détenir les droits sur les photos, textes, vidéos et logos qu’elle publie. Une photo trouvée sur internet ou fournie par un fabricant ne se réutilise pas sans autorisation. Pour les photos d’un logement, demandez l’accord écrit du client.
La page contact et son formulaire
Le client qui arrive ici est prêt à vous écrire. Ne le perdez pas.
Ce que la page affiche
Le téléphone, l’adresse de l’entreprise, la zone d’intervention, les horaires où l’on peut vous joindre. Les mêmes informations que sur votre fiche Google, écrites de la même façon.
Ce que le formulaire demande
Un formulaire utile recueille de quoi rappeler sans avoir à tout redemander :
- nom et prénom ;
- téléphone et courriel ;
- adresse ou commune du chantier ;
- nature des travaux, avec un menu reprenant vos métiers ;
- délai souhaité ;
- un champ libre pour décrire le projet, et si possible la possibilité de joindre une photo.
Trop court, le formulaire vous oblige à rappeler pour tout demander. Trop long, il décourage. Vérifiez aussi que les messages arrivent dans une boîte que vous lisez, et testez-le vous-même de temps en temps.
Ce que le formulaire doit dire
Un formulaire recueille des données personnelles. La CNIL, dans sa page Conformité RGPD : comment informer les personnes, demande d’informer la personne au moment où elle remplit le formulaire, en plusieurs niveaux : l’essentiel près du formulaire (qui traite les données, pour quoi faire, quels droits), et un lien vers une notice complète. Elle déconseille les mentions illisibles placées sous un formulaire.
Mentions légales et politique de confidentialité
Ces deux pages ne font pas venir de clients. Leur absence peut en faire fuir, et elles sont obligatoires.
La fiche Mentions obligatoires sur le site internet d’une entreprise liste ce qu’un entrepreneur individuel doit afficher : nom et prénom suivis de la mention « entrepreneur individuel » ou « EI », adresse, courriel, téléphone, numéro d’immatriculation, numéro de TVA le cas échéant, et nom, adresse et téléphone de l’hébergeur. Pour une société s’ajoutent la dénomination sociale, la forme juridique et le montant du capital.
La même fiche précise que la politique de confidentialité doit être distincte des conditions générales, accessible depuis chaque page, et indiquer notamment les données collectées, leurs finalités, leur durée de conservation, les droits des personnes et la possibilité de saisir la CNIL.
Ajoutez, pour rassurer le client, la mention de vos assurances professionnelles. Vérifiez avec votre assureur les mentions à faire figurer.
La fiche Google qui travaille avec le site
Pour une recherche locale, le client voit souvent les fiches d’établissement Google avant les sites. La fiche donne envie de cliquer ; le site rassure et recueille la demande.
L’aide Google, dans ses conseils pour améliorer votre classement local, indique que les résultats locaux reposent sur la pertinence, la distance et la notoriété. Elle recommande des informations complètes (catégorie d’activité, horaires, adresse quand l’établissement reçoit du public), des photos, et des réponses aux avis. Elle mentionne aussi les sites qui renvoient vers l’établissement parmi les éléments de notoriété.
En pratique :
- Les mêmes coordonnées partout. Nom, adresse, téléphone écrits de la même façon sur la fiche et sur le site.
- Le lien vers le site sur la fiche, et le lien ou les avis de la fiche sur le site.
- Les mêmes photos de chantiers, publiées des deux côtés au fil de l’eau.
Personne ne peut garantir une position dans Google. Une fiche complète et un site clair mettent simplement toutes les chances de votre côté.
Comment savoir si le site apporte des demandes
Un site se juge aux demandes qu’il reçoit. La mesure peut rester simple.
- Demandez à chaque nouveau client comment il vous a trouvé : site, fiche Google, recommandation, panneau, autre. Notez la réponse dans votre carnet ou votre logiciel de devis.
- Comptez les demandes du formulaire, à part des appels. Le formulaire laisse une trace écrite ; c’est la mesure la plus fiable.
- Consultez les statistiques de votre fiche Google, dans votre espace de gestion de la fiche.
- Une fois par mois, mettez en face demandes reçues, devis envoyés et devis signés, par origine.
Si un métier ou une zone ne génère aucune demande, revoyez sa page : contenu, photos, clarté. Si les demandes arrivent mais ne se signent pas, le problème est ailleurs : délai de rappel, devis, relance.
Le site et l’adhésion Un Par Lot
Un Par Lot est un réseau national d’artisans qui ne retient qu’un seul adhérent par lot et par département. Les demandes de travaux viennent des sites du réseau, arrivent détaillées (type de travaux, localisation, budget envisagé, délai, coordonnées) et sont transmises dès leur dépôt au seul adhérent du lot, avec ou sans site personnel : il est le premier et le seul à rappeler le client. L’adhésion coûte à partir de 250 € HT par mois sur 12 mois.
Deux options s’y ajoutent pour ceux qui le souhaitent : la création de site et sa gestion, sur devis, selon votre demande. Aucune position dans Google n’est promise. Le détail est sur la page site internet d’artisan et la présentation pour les artisans.
Questions fréquentes
Quelles pages doit contenir un site internet d’artisan ?
Au minimum : une page d’accueil qui dit ce que vous faites et où, une page par métier ou type de travaux, une page par zone réellement couverte, une page de réalisations avec vos photos de chantiers, une page contact avec téléphone et formulaire, et les pages de mentions légales et de confidentialité. Chaque page répond à une question précise que se pose le client.
Un artisan a-t-il besoin de mentions légales sur son site ?
Oui. La fiche officielle d’Entreprendre.Service-Public.gouv.fr liste les mentions à afficher : identité de l’entreprise, adresse, courriel, téléphone, numéro d’immatriculation, numéro de TVA le cas échéant, et coordonnées de l’hébergeur. Si le site recueille des données personnelles, par exemple par un formulaire, une politique de confidentialité accessible depuis chaque page s’ajoute.
Le site suffit-il sans fiche Google ?
Rarement. Un client qui cherche votre métier dans sa ville voit d’abord les fiches d’établissement Google, avec les avis et les photos, puis clique vers les sites. La fiche et le site travaillent ensemble : la fiche donne envie de cliquer, le site rassure et recueille la demande. Les deux doivent afficher les mêmes coordonnées.
Comment savoir si mon site m’apporte des clients ?
Demandez à chaque nouveau client comment il vous a trouvé et notez la réponse. Comptez les demandes reçues par le formulaire du site, séparément des appels. Une fois par mois, comparez avec les devis signés. Si vous installez un outil de mesure d’audience, respectez les règles sur les cookies et le consentement des visiteurs.
Sources
- Mentions obligatoires sur le site internet d’une entreprise (Entreprendre.Service-Public.gouv.fr) entreprendre.service-public.gouv.fr
- Gérer les cookies et autres traceurs sur le site internet d’une entreprise (Entreprendre.Service-Public.gouv.fr) entreprendre.service-public.gouv.fr
- Conformité RGPD : comment informer les personnes et assurer la transparence ? (CNIL) cnil.fr
- Conseils pour améliorer votre classement local sur Google (Aide Fiche d’établissement Google) support.google.com
Faites le point sur la visibilité de votre entreprise
Ce que Google et les assistants d’intelligence artificielle disent aujourd’hui de votre entreprise, et ce qu’un site d’artisan doit contenir pour être trouvé.
Pour aller plus loin : toutes les méthodes pour trouver des chantiers · Artisans
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